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Les mots de la mer et de Bernard Lomé

Mis à jour : 5 sept. 2019

Ajouté par Michel Trihoreau le 30 mai 2019, source nos enchanteurs Sauvé dans L'Équipe, Lancer de disque, Michel Trihoreau Tags: Bernard Lomé, Nouvelles






Ce sont de jolies chansons. Pas du genre qu’on subit dans les magasins de prêt-à-porter ou dans les grandes surfaces alimentaires ; pas faites pour remplir un palais des sports ; pas de celles qu’on habille pour l’Eurovision. À quoi servent-elles alors ? Tout simplement, comme les petites fleurs des chemins, à mettre un peu de couleur et de parfum dans la vie ordinaire et aussi à attirer l’attention sur les épines et les ornières.

Je me souviens d’un vinyle avec Marie reviens, aujourd’hui c’est un CD avec Les Mots de la Mer. Lorsqu’on écoute Bernard Lomé, on a l’impression de revivre des moments précieux enfouis sous les déchets médiatiques et consuméristes auxquels on n’échappe pas. Tant pis pour ceux qui croient qu’elle est plus belle, la vie, sous un si grand soleil, leur réveil n’en est que plus brutal. Le monde des chansons de Bernard Lomé est bien plus réel, même ses rêves ont un goût d’authenticité : on a fait les mêmes un jour ou l’autre et c’est bon d’en retrouver la trace, qu’elle soit douceur ou douleur. Il partage des émotions intimes, sans provocation. Il n’assène rien, il montre la vie qu’il traverse avec nous : la beauté de la mer, la poussière de la ville, les amours, les amis, la différence de l’autre, le SDF que les passants ignorent, quelques accords de guitare au soleil, la pollution des plages, le voyage en train, les souvenirs embellis…

📷Des banalités, direz-vous ? Eh bien non ! Des réalités prises sous l’angle que l’artiste a choisi, avec une délicatesse dans la forme qui n’altère en rien la force de l’image. La voix de Bernard Lomé est douce, bienveillante, ses musiques balancent au rythme de nos pas et de nos cœurs, avec une quinzaine d’instruments choisis à bon escient elles semblent venir de nous de façon naturelle ou bien nous prendre par l’épaule pour nous conduire où il veut. Notons au passage la présence aux manettes de Jean Humenry qui confirme la qualité d’un travail d’artisans consciencieux.

En effet, l’objet artisanal ne se consomme pas comme l’objet industriel : on le prend avec délicatesse et respect, on en observe les courbes et les pointes, on le hume, on le tâte. Ne laissez pas défiler ce CD en fond sonore en bouffant vos nouilles, écoutez une chanson, attentivement, savourez-en les subtilités, prenez le temps de la faire résonner en vous, de vous en imprégner. Vous écouterez les autres plus tard, une à une. Aujourd’hui, j’ai choisi Une photo d’Italie / Dolomites jolies / Accrochée à ma vie / Une photo fleurie / Qui sent bon l’Italie…






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© Bernard Lomé 2019

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